1er SEPTEMBRE 2023

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Paper writing
Magic

Je suis chanceuse, au fond, de vivre cet éloignement temporaire de S.,  car je suis complètement submergée par son souvenir, et j’imagine  que je le serai par son corps et sa présence si je n’étais pas venue au Québec.  Au moins je peux me concentrer sur cet article, que je dois absolument finir. Je dois le finir, comme je dois finir mon proposal et la dissertation, pour nous. Je sais, je suis folle. Je pense à nous, je pense au prénom de nos enfants, je pense à lui qui se jette du quai à moitié englouti dans lac chez les moines, dans un futur où nous avons acheté le terrain et vivons dessus avec nos fils ou notre fille, un enfant blond, adorable. Et mon coeur se gonfle lorsque j’y pense. Et j’ai remarqué aussi que me masturber en pensant à lui n’est pas aussi satisfaisant que de faire l’amour avec lui --une première pour moi. Mes fantasmes ont toujours été supérieurs à la réalité de mes partenaires sexuels, jusquà aujourd’hui. 

Une partie de moi se souvient très bien avoir des fantasmes de bébé similaires avec B. au cours de l’automne/hiver 2020. Sauf qu’à cette époque je ne l’avais encore rencontré qu’en ligne, ce qui est fou lorsque j’y pense. Et B. correspond plus au type d’hommes que je cherche d’habitude; S. n’était même pas sur mon radar. Il s’est mis dessus lorsqu’il m’a embrassé l’automne dernier, il y a presque un an de cela maintenant, et a complètement brouillé les signaux, complètement déréglé la boussole. Ou peut-être qu’il l’a réparée, au fond.

Pourquoi n’ai-je jamais eu ces fantasmes avec N.? Parce qu’il n’y a jamais eu de fantasmes avec N. Il n’était pas sur mon radar, et lorsqu’il y est devenu une présence détectable, il était déjà connu. N. n’a jamais été un défi pour moi. C’est vrai ce que dit L. J’aime S. parce qu’il est un défi, entre autres, quelqu’un que je ne comprends pas complètement, qui ne parle pas le même langage que moi. Et j’adore cela.